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jeudi 22 septembre 2011

Creativ'Pursuit: La créativité sur un plateau


Voici la création de trois étudiants de l'ISTIA INNOVATION -L'école d'ingénieur de l'Université d'Angers- qui ont revisité la méthode des 6 chapeauxTM d'Edward de Bono à la façon Serious Gaming. Un plateau, un dé, quelques règles de jeu basée sur les 6 "mind pattern" et sur la logique associative. Je vous laisse donc le loisir de lire les règles de ce jeu créatif et peut-être partager avec l'envie d'y jouer!  -Fabrice Poussiere-

Le Creativ'Pursuit 

Par Lucrèce GUGELOT, Guillaume PERRUCHET et Dimitri TANKERE.

Durant notre cursus de Master 2 Innovation Technologique à Angers, nous avons monté un projet de cellule de créativité permettant à une entreprise de faire appel a un cabinet d’experts de tous horizons afin d’externaliser sa cellule de Recherche et Développement. Son objectif : permettre de trouver des solutions, débloquer une situation et développer son potentiel créatif.
Nous avons donc réalisé une première séance de créativité avec l’aide d’un petit groupe qui s’est prêté au jeu en nous proposant une problématique d’entreprise sur laquelle ils planchaient. Voici la description du fonctionnement de notre séance telle que nous l’avons organisé et mis en place.

Nous avons premièrement défini les points essentiels au bon déroulement d’une séance de créativité puis nous nous sommes penchés sur les méthodologies que nous pourrions utiliser. Et nous avons sélectionné 3 méthodes : Méthode des 6 chapeauxTM, l’association de mots et d’idées et la recherche de mots clés. Nous avons ensuite réalisé un jeu sur le modèle du Trivial PursuitTM, mais sans les questions, se basant sur la méthode des 6 chapeauxTM de De Bono et proposant les 6 cases couleur. Cases auxquelles nous avons ajouté les cases “association d’idées” - permettant d’aller piocher des mots ou des images dans les livres et les magazines - et les cases “libre choix”.

Déroulement de la séance

Nous avions défini les rôles de la manière suivante : Notre groupe “animateur” composé de nous trois étaient divisés en : 1 “infiltré” et 2 animateurs de séance. Le reste des présents constituait le groupe des participants. (note: les participants peuvent venir de milieu professionnel ou de services totalement différents).

La première étape fût de présenter la problématique et de la définir afin de s’assurer qu’elle était comprise par tout le monde.

Nous avons ensuite présenté le déroulement de la séance, le temps imparti et les différentes informations nécessaires à son bon déroulement. Une fois les règles du jeu posées, nous avons procédé a une brève pause détente qui a permis de mettre tout le monde à l’aise et d’instaurer une ambiance propre au jeu et à la détente afin de sortir complètement du cadre formel habituel.
En seconde étape nous avons réalisé une première purge visant à noter toutes les solutions déjà connues et à les mettre de côté. Puis nous avons entamé la séance par un exercice de « mise en jambe » : énumérer tous les mots ou expressions que pouvaient évoquer le problème soulevé. L’objectif : réaliser un tableau avec plusieurs cases thématiques et rassembler chaque mot clés sous la ou les thèmes appropriés (définis au fur et à mesure). Cette première approche permettait de dégager les différents environnements liés à la problématique. Puis nous avons mis le tableau de côté, accessible à tous.

Cette partie a duré environ 1h. Nous avons fait de nouveau une petite pause détente de quelques minutes avant de lancer le nouvel exercice.

 Notre plateau de jeu représentait l’exercice suivant. Le but : lancer le dé et suivre les instructions liées à la case d’atterrissage.

Les différentes cases étaient définies comme ceci :
  • Case bleue: la case départ. Elle concerne uniquement l’animateur et lui permet de gérer la séance.
  • Case blanche : son but : donner des chiffres et des faits avérés sur le problème posé. Toutes les personnes doivent en proposer chacune leur tour. Dès que plus personne n’a de choses à proposer on arrête. On ne peut tomber sur cette case qu’une seule fois au cours de la partie.
  • Case noire: elle permet de critiquer, d’évoquer les risques et les dangers des solutions ou de la problématique. Toutes les personnes doivent en proposer chacune leur tour (il est cependant possible de passer son tour si on a aucune critique à formuler). Dès que plus personne n’a de choses à proposer on arrête.
  • Case rouge: elle permet d’exprimer ses émotions et ses sentiments vis à vis de tout (solutions proposées, ambiance de la séance, etc.), sans avoir besoin de se justifier. Les contraintes sont les mêmes que la case noire.
  • Case jaune: elle représente l’inverse de la case noire. Elle demande d’être optimiste, de donner tous les avantages et les possibilités des solutions proposées. Les contraintes sont les mêmes que la case noire.
  • Case verte: elle permet de proposer des idées et des solutions innovantes en rapport avec la problématique. Les contraintes sont les mêmes que la case noire.
  • Cases « i » : elle offre la possibilité d’aller piocher un mot ou une image dans les magazines et livres mis à disposition, il est aussi possible de consulter des reportages ou tout autres documents via un ordinateur (vidéo, article de presse...). La personne concernée doit alors associer le mot, l’image ou l'article qu’il a choisi à une idée en rapport avec la problématique. Tout le monde peut ensuite participer et ajouter des idées.
  • Cases « ? » : ce sont les cases libres. La personne peut soit donner une idée ou utiliser l’une des options proposées par les autres cases.
Le jeu s’arrête lorsque les idées et les participants sont épuisées. Le jeu dure en moyenne 2h. La séance se termine et permet de produire différents livrables :
  • Un débriefing des participants et des animateurs sur le déroulement de la séance.
  • Le développement d’un carnet répertoriant les fiches idées.
  • Les documents relatifs créés durant la séance.
Puis, lorsque une ou plusieurs solutions sont sélectionnées, l’entreprise peut alors se pencher avec nous sur le tri et l'évaluation des “bonnes idées”, la réalisation de l'idée choisie grâce a une maquette permettant de concrétiser la solution retenue. La réalisation d’un prototype permet ensuite de valider techniquement l’idée avant son lancement.

Voici quelques photos prises durant une de nos séances de créativité :

mardi 19 mai 2009

Les chapeaux d'Edward


Pour avoir discuté avec quelques animateurs un des traits de caractères que nous cherchons chez nos "clients" ou plutôt participants est la flexibilité mentale. Je définirais la flexibilité mentale par la capacité d'un individu à changer de regard, de mode de réflexion (la définition Wikipédia parle de stratégie mentale) et de tâche à traiter.

Si vous avez des participants présentant ces qualités vous les reconnaitrez assez rapidement dans une séance brainstorming. En partant du principe que les règles aient été bien énoncés en début de séance, vos collègues, vos collaborateurs ou managers qui arrivent à contribuer, quelque soit l'exercice, et qui ne résistent pas au changement sont, à mon avis, de bon clients pour la méthode des chapeaux. C'est à mon avis ceux qui prennent le plus de plaisir à participer à des séances de créativités. Ils seront de bons clients pour beaucoup de vos séances. Alors rajoutez leurs noms à la lettre C de votre carnet d'adresse.

Pour revenir à Edward de Bono , sa méthode repose sur l'utilisation des six schémas de pensée (pattern en Anglais) que utilisons de manière courante de façon plus ou moins proportionné. Edward de Bono partage avec Alex Osborn la vision que la critique sans contrôle nuit gravement à la créativité, mais reforme le brainstroming inventé par ce dernier. De Bono dans l'article Serious Creativity concidére qu'un brainstorming "Osbornien" génére des nouveautés satisfaisante pour le monde de la publicité (Alex Osborn était publicitaire dans l'agence BDO), mais que la nouveauté en soit ne suffit pas. Le produit des séances de créativité doivent faire sens et doivent fonctionner au final.

Un Brainstorming Osbornien, en une phrase, est une séance de travail en groupe qui diffère la critique en fin du processus d'exploration des idées (Chronologiquement: Énumération-Consolidation-Sélection). Edward de Bono replace la critique dans le coeur du processus d'exploration mais en suivant certaines régles. Sa methode des Chapeaux à penser introduit des schéma de pensé tel que: la critique émotionnel, négative et constructive. La règle principale étant que six chapeaux sont disponibles et que chacun des chapeaux matérialise un rôle bien spécifique qui contraindra leur porteur aux schémas de pensé suivants:
  • Chapeau blanc
Le factuel: de la même manière qu'une base de données vous donnera mécaniquement une réponse à votre requête, le chapeau blanc délivre froidement des faits, il donne des chiffres et des informations en toute simplicité. On commencera toujours un tour de table par ce chapeau.

Mnémotechnique: Le scientifique en blouse blanche délivre froidement son savoir.
  • Chapeau rouge
L'émotionnel: Ce chapeau apportera des jugements basées sur ses émotions. Passionné, il baigne dans ses sentiments, ses intuitions et les délivre sans se justifier auprès des autres chapeaux.

Mnémotechnique: le rouge est la couleur de la passion.
  • Chapeau noir
Le pessimiste: ne voyant que les dangers et risques potentiels ce chapeau ne délivre que des critiques négatives sur le devenir des solutions envisagées. Son approche la plus modérée est un appel à la prudence.

Mnémotechnique: Noir c'est noir il n'y plus d'espoir.
  • Chapeau jaune
L'optimiste: Il voit les perspectives de succès, les innombrables bénéfices des solutions énoncées. C'est un rêveur et un visionnaire, il extrapole sur les scénarios les plus ambitieux et ses commentaires sont toujours constructifs.

Mnémotechnique: Jaune comme le soleil.
  • Chapeau vert
Le créatif: il propose toujours des solutions latérales aux solutions énoncées. Il est motivé par la découverte d'une nouvelle façon de voir la problématique. Il pense à l'envers et il aime ça!

Mnémotechnique: Vert comme la plante, il est fertile et il sème en permanence. Il est aussi vert...comme l'extraterrestre.
  • Chapeau bleu
L'animateur: Rien n'est possible sans règles du jeux et l'animateur en est le maitre. Il canalise, il reformule, il accélère et décélère quand il le faut pour atteindre la bonne vitesse de croisière. Il est le gardien de la méthode et veille à ce que les rôles des chapeaux soient respectés.
Mnémotechnique: Bleu comme les casques bleus ou bleu comme le ciel

Edward de Bono précise dans l'article Serious Creativity qu'une fois les rôles définis certaines possibilités d'échange font aussi partie des règles de la séance:
  • un des participants peut en solliciter un autre à penser en dehors du rôle définit par son chapeau,
  • un participant peut revendiquer la protection d'un autre chapeau: Si j'avais le chapeauxrouge, je vous dirais que cette idée ne me semble pas fonctionner mais je n'en ai pas les preuves,
  • un participants peut demander que l'ensemble du groupe prenne le rôle d'un seul chapeau.
Edward de Bono propose d'initier la séance avec un mot du hasard qu'il définit à l'occasion comme étant le plus simple des techniques créatives. De plus il encourage la pensée latérale (Fr - En) par l'emploi de provocations (appelées "provocative operation":Po). Il dénombre 4 formats de provocations:
  • L'échappé: Et si le problème n'existait pas?
  • Le renversement: Et si cette colle ne collait pas bien?
  • l'exagération: Et si la sécurité n'était que le paramètre important d'une voiture?
  • la distorsion ou la vision utopique: Idéalement un stylos est le prolongement du doigt de son utilisateur, le corps du stylo n'est qu'un moyen pour résoudre la fonction secondaire de la manipulation par l'a main de l'utilisateur. Simplement, le corps du stylos ne sert pas directement à écrire.
Pour conclure, je connais cette méthode depuis des années sans jamais avoir eu l'occasion de la pratiquer. Il me semblait impossible de ne pas l'étudier étant donné le rôle précurseur d'Edward de Bono concernant les pratiques créatives et la place qu'il a dans la littérature. Mon seul jugement et que je n'ai observé l'utilisation de cette méthode qu'une seule fois en 12 ans de carrière et j'en déduis (peut-être à tort) qu'elle n'est pas encore dans la boite à outils de tout les managers. Maintenant, j'espère expérimenter cette méthode prochainement même s'il me reste juste à répondre à cette question: Où puis je me procurer des chapeaux de couleur?

Avoir aussi: la méthode des 6 chapeaux sous la forme d'un mind map chez IQ matrix.