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lundi 19 avril 2010

Creaconference 2010 : L'experience créative


La 8éme édition de Creaconference s'est déroulé du 15 au 18 avril dans la belle ville de Sestri Levante et si vous souhaitez vivre une expérience créative prenez vos places pour 2011. J'aurais bien aimé faire un article très critique, et prendre plus de recul pour parler de cet événement comme un journaliste aurait pu le faire: mais cette posture m'est définitivement impossible.

J'ai vécu, pendant ces 5 jours, une expérience créative. Je n'ai pas arrêté d'être dans mon élément, de baigner dans les idées, de jouer des concepts, d'animer et d'être animer, de vivre le changement et l'innovation. Ce fut une cure! Je n'ai pas arrêté de produire des idées, de m'amuser et d'apprendre. Et pourtant je ne suis pas parti de Paris pour cette conférence en étant convaincu de trouver ce que je cherche. Pour aller vite je cherche à comprendre les postures créatives du scientifique et de l'ingénieur pour ensuite les favoriser ou les assister. Si vous venez de regardez la vidéo si dessus peut-être sentez vous un léger décalage. En fait il ne faut se laisser tromper par ma façon de prendre des photos liés au fait que je cherche à capter l'ambiance avec le moins de visages identifiables en espérant éviter les problèmes de droit à l'image. Dans cette vidéo vous ne voyez pas toutes les expos et ateliers, et les programmes que je ne pourrais pas suivre pleinement en prenant tout le temps des photos.

Les programmes:
  • Creative problem solving (CPS) Thinking Skills
  • The Art of inventing ideas
  • Creativity: Accelerating change within the corporate world
  • Process, Tools & Technics for new product development
  • Certification in Foursight
  • Tools & techniques for CPS thinking skills
  • Arts & the creative process

J'ai suivi le programme "The Art of inventing ideas" en Français. Cette formation montre l'apport d'un rythme lent dans l'élaboration des idées. Cette méthodologie très complémentaire de l'approche dynamique couramment apporté par la pratique classique du "Creative Problème Solving" autorise un éloignement plus profond et plus sensible. Bien que j'ai du réapprendre à prendre le temps, cette méthode laisse se développer un imaginaire au sein d'un groupe. Cette formation d'un peu moins de 3 jours passe à toutes vitesse -malgré la méthode comme quoi la relativité existe bien!- et est dispensé par un trio d'exception: Isabelle Jacob (créatrice du réseau www.iris-consultants.com), Guy Aznar (www.creativite-conseils.com) Stéphane Ely (www.elycorp.com) qui sont trois personnages incontournable dés que l'on parle de créativité en France. 
Nous avons pu appliquer cette approche sensible à des cas pratiques telle que comment faire de l'existence de l'iPad une opportunité pour les libraires. Nous nous sommes servi de ce cas pratique pour découvrir des méthodes, graphiques, corporelle ou narrative, introspective ou projective qui apportent des résultats plus connectés avec l'imaginaire du groupe. Cette formation m'a fait aussi prendre conscience des différents rythmes dans l'élaboration des concepts que l'on observe dans le  travail du scientifique. A ce propos, Guy considère que la pensée du scientifique adopte un rythme encore plus lent, ce qui pour moi, ouvre la question du rythme dans la recherche: dans les aspects expérimentaux, dans l'élaboration du questionnement, dans l'évaluation des modèles et aussi dans la gestion "projet" d'un programme de recherche.

Les ateliers:

Il est impossible d'oublier l'apport des ateliers dans cette conférence. Nous sommes d'ailleurs plusieurs à être déçus d'être incapable de les voir tous. Plus de 50 ateliers avec des passionnés de créativité qui montrent des points de vues, des réflexions, des approches ou des expérimentations différentes. Sans vouloir faire une sélection "hédoniste" ou un best-off malhabile de ces micro formations , voici  plus les ateliers  aux quels j'ai participé, l'idée étant de partager avec vous les thèmes qui m'attirent (n'hésitez pas, d'ailleurs, à mettre en commentaire les ateliers qui vous ont marqués et qui ne seraient pas présent dans cette liste).

Les rencontres:
Je n'arriverais pas à restituer la richesse et l'intensité des rencontres que l'on peut faire dans le cadre de cette conférence. De part sa nature, Creaconference -comme Crea-France d'ailleurs- apporte des liens très forts entre des professionnels et ou passionnés de créativité, parfois évangélistes esseulés ou précurseurs dans leurs entreprises. J'ai été surpris de croiser des participants avec lesquels je partageais les mêmes questionnements, et les mêmes ressentis. La proximité avec les "vedettes", qui sont loin de se comporter en tant que telles, est marquante et même touchante. C'est dans le cadre des "after" festives, pendant les repas, ou ces pendants petits moments de pause entre deux ateliers de Creaconference que j'ai rencontré des personnes qui gagnent à être connues comme Sylvie Courcelle Labrousse que je ne cesse de copier pour monter mes activités créatives aux sein des Bell Labs, comme Stéphane Ely  avec qui j'ai pu partager sur le management de innovation. Je me souviendrais des discussions avec Isabelle Jacob sur l'arrivée des méthodes créatives en France, du soutien que m'ont apportés Olwen Wolfe (www.worlding.com) et Delphine Batton pour l'atelier que je prépare et de bien d'autres moments que je ne pourrais vous restituer rapidement. Ce sera, à ce propos, un challenge créatif intéressant de garder cet esprit malgré la popularité croissance de cette conférence. Il y a dans cet identité créativement décalée une valeur essentielle.

Et pour conclure
La communauté Française, Francophone et Crea-France était d'après ce que j'ai pu comprendre particulièrement bien représenté cette année. Et je tiens à mettre en avant l'atmosphère qu'amène la philosophie multi-langue des cette conférence. Entendre l'Italien, L'anglais et le Français, m'a charmé et donne un véritable cachet international à cet événement comparée à une conférence "monotonolinguale". Je finirais par un remerciement sans borne pour le staff de Creaconference et Sophie Gobet qui nous ont, tout bonnement, permis de vivre pleinement cette conférence en nous simplifiant la vie. Un évènement vous l'aurez compris que je recommande, donc... inscrivez vous!



Creaconfence 2011: 13 au 17 avril 2011.



lundi 5 octobre 2009

Delphine Batton : Interview Creative-Network

J’ai rencontré Delphine Batton lors d’un projet d’open Innovation entre deux grandes entreprises Françaises et j’ai eu la chance de partager sur nos pratiques créatives et surtout de participer à l’une de ses animations. Delphine est consultante en créativité, à son compte, et son catalogue propose des formations, des prestations d’animation ou du coaching individuel. C'est aussi une collaboratrice d'Olwen Wolfe directrice de la société Wordling.


Creative-Network : Comment en es-tu venu à passer d’ingénieur télécom chez Orange Labs à animatrice professionnelle et dans quel contexte as tu commencé à te former aux méthodes créatives ?

Delphine Batton : A vrai dire au démarrage, cela s'est fait un peu par hasard. Mon poste ne me plaisais pas, je voulais changer. Deux anciens collègues étaient eux-mêmes partis dans une entité de la R&D appelée Le Studio Créatif. Je les y ai suivis. Dans cette entité, nous travaillions à la conception de futurs services possibles à horizon 15 ans pour le groupe France Télécom : un mélange de veille, de prospective, et de créativité pour imaginer ce que pourraient être les futurs produits et services des NTIC. Naturellement, une partie de notre travail faisait appel à des méthodes de créativité pour imaginer, concevoir ces fameux services et produits. Je me suis alors intéressée à ces méthodes, puis, petit à petit je m'y suis formée, d'abord à la Conférence Européenne de la créativité CREA Conference à Sestri-Levante, tout en pratiquant énormément au sein de l'entreprise, puis à l'université Paris Descartes, et ce n'est jamais totalement fini! Cette alternance permanente entre pratique intense sur des sujets divers et variés (de la conception de produits et services, je suis aussi passé à des problématiques de stratégie, de management, de plan de communication...) et de formation avec des experts du domaine (Guy Aznar, René Barnèche, Todd Lubart, Olwen Wolfe, Stéphane Ely, Sylvie Courcelles et j'en passe...) a été très riche pour moi et m'a permis d'en faire mon métier.

C-N: Quel est l’argument majeur en faveur des méthodes créatives ? Quel est l’argument qui convaincrait un directeur de R&D à former ces ingénieurs à ces pratiques ? 

Delphine Batton :  L'Argument ! Ils sont multiples :
  • doter les ingénieurs d'outils pratiques pour les aider au quotidien à faire avancer leurs idées et les réaliser ; 
  • permettre à ces ingénieurs de mieux travailler ensemble (les méthodes de créativité, même si elles sont utilisables à titre individuelles ont une vraie force collective) ; 
  • ouvrir sur la possibilité du travail pluridisciplinaire, avec d'autres, qu'ils soient des responsables marketing ou des vendeurs, ou des intervenants extérieurs experts dans tel ou tel domaine, ou encore des clients.
C-N : Y a t-il des domaines privilégiés pour la créativité et d’autres moins propices aux idées disruptives ? Par exemple est il plus facile de s’adresser à un auditoire provenant du marketing ou du design qu’a un auditoire provenant d’un bureau d’étude ?
 
Delphine Batton : Je ne crois pas. Tout le monde a un potentiel de créativité, qu'il applique à un domaine ou à un autre. Etre programmateur informatique par exemple demande une grande créativité : il faut savoir analyser le besoin, trouver des idées pour y répondre, développer ces idées pour en faire un logiciel robuste et l'implémenter. Il en est de même de tous les domaines d'application. A partir du moment où il y a une question, qui n'a pas de réponse immédiate unique, et où on est motivé pour trouver des solutions, alors la créativité peut intervenir. Et il n'y a pas de profil qu'il soit culturel, de métier ou autre plus "créatif" que d'autres. Tout est question de comment et à quoi on applique sa créativité. Des outils comme Foursight montrent très bien cela.

C-N : Quelles techniques applique-tu ? As-tu observé des techniques plus efficaces dans certaines recherches?

Delphine Batton : Je mélange diverses approches, principalement le Creative Problem Solving, mais aussi des techniques développées par Guy Aznar, dite de créativité sensible. Ensuite, c'est un peu comme faire une recette de cuisine : on prend différents ingrédients en fonction du public, du sujet, de la culture de l'entreprise. Il est difficile de généraliser sur l'intérêt d'une technique par rapport à tel ou tel type de sujet. Néanmoins, le techniques qui passent par des incarnations, des rêves éveillés, permettront d'aller explorer plus loin, mais demanderont une "redescente" plus longue, et vont toucher plus à l'émotion et l'intuition, alors que d'autres techniques, d'association sur des images par exemple, font explorer sur un champ plus restreint.

C-N : Quels sont les écueils à éviter quand on se lance dans l’animation ? Imagine un manager ou un collaborateur qui souhaiterais se lancer à la recherche d’une idée originale, quels conseils lui prodiguerais-tu ?
 
Delphine Batton : De ne pas sous-estimer le démarrage, la mise en place de règles qui sont assez nouvelles en général dans la manière de travailler, et d'une bonne dynamique de groupe (même avec une équipe qui se connaît) c'est une phase qui peut être bâclée et rendre la tâche difficile par la suite.
De bien penser que la créativité, c'est au final avoir des idées originales, nouvelles, ET réalisables, et que donc les phases de convergence sont aussi importantes que les phases de divergence. En un mot, qu'animer un groupe de créativité, ce n'est pas juste se mettre autour d'une table et d'émettre tout un tas d'idées (image qu'on se fait souvent du brainstorming).

C-N : J’ai pu remarquer lors d’une de tes animations, que tu applique globalement la technique du brainstorming (Énumération, consolidation, sélection) et que tu y ajoute quelques variation. On peut voir que tu utilise les profils utilisateurs (les personas) souvent utilisé dans le design, que tu utilise parfois le sénat, parfois la mise en perspective. Suis-tu toujours ce processus ou t’adaptes-tu en fonction des réactions ou non-réactions du groupe que tu anime?
 
Delphine Batton : Il y a toujours une première phase de clarification avec le porteur de la problématique, le "client". Dans cette phase, je cherche à collecter des données sur le sujet en lui-même, mais aussi sur le groupe (pluridisciplinaire ou pas ? équipe constituées ou personnes qui ne se connaissent pas ? personnes habituées aux méthodes de créativité ou non ?...), sur la culture de l'entreprise dans laquelle j'interviens, etc. C'est à partir de tout ceci et de la demande clarifiée du client que je peux choisir les ingrédients, les techniques que je vais déployer. Ensuite, pendant la séance, évidemment je m'adapte à ce qui se passe dans le groupe, en ayant pour fil conducteur la demande du client : comment aider au mieux le groupe à avancer vers une ou plusieurs solutions à l'objectif. La réponse à ta question est donc : non je n'utilise pas toujours les mêmes techniques, par contre, le processus global (issu d'une fusion des processus scientifiques et artistiques) reste le même: Clarifier l'objectif, Produire des solutions, Se préparer à l'action (CPS, Creative Problem Solving...). Ce qui change dans le processus, c'est que parfois la clarification se fait en tête à tête avec un chef de projet ou d'équipe, ou bien en "petit comité", ou bien avec le groupe entier, et cela est vrai pour chacune des étapes.

C-N : Tu utilises aussi des pratiques plus originales comme les techniques théâtrales pour aider les animateurs. Quels sont les apports de ces techniques au niveaux de tes participants et surtout comment les convainc tu de te suivre. Tu rencontre des résistances ?
 
Delphine Batton : Le but est de varier le plus possible les angles d'attaque, d'impliquer les participants au maximum, de varier les modes d'expression pour toucher toutes les préférences (je travaille beaucoup avec Foursight et les profils d'Herrman sur les préférences et modes de pensée). D'où le besoin parfois de techniques plus "originales". Les apports pour les participants sont divers et variés: leur donner d'autres moyens d'expression que la parole ou l'écrit, les aider à "lâcher prise", leur permettre d'exprimer le non-dit, leur offrir du plaisir et de l'amusement aussi (moteur d'envie et d'efficacité)...
Je ne rencontre pratiquement jamais de résistance. A partir du moment où, en tant qu'animateur, on est confiant dans la techniques choisie, qu'on sait qu'elle est utile pour faire avancer le groupe, qu'elle est efficace, on arrive assez facilement à entraîner le groupe. Mais c'est aussi pour cela que l'instauration d'une bonne dynamique, d'une bon climat au démarrage est importante. On n'amène pas n'importe quelle technique à n'importe quel moment !

C-N : Tu rassemble deux de mes centres intérêts favoris puisque tu es à la fois animatrice en créativité et entrepreneur. Je ne peux m’empêcher de te poser cette question, comment te sers-tu de tes connaissances sur la créativité pour développer ton entreprise? Penses-tu ou as tu observé qu’il y a chez les entrepreneurs, quelques particularités, qui font de ces personnages des sortes de créatifs opportunistes ?
 
Delphine Batton : Au quotidien, je pratique les fondamentaux : l'écoute, le rebond, la curiosité, voire les problèmes comme des opportunités. Dans mon travail avec Olwen Wolfe, chez Wordling, nous utilisons le CPS et les méthodes de créativité pour avancer sur nos propres chantiers (pour la conception d'un site, la mise en place de petit-déjeuners, etc.).
Concernant les entrepreneurs, je ne sais pas. Je pense que certains sont des idéateurs, qui savent s'entourer pour que leurs idées se réalisent. D'autres sont très créatifs dnas la mise en oeuvre, etc. Je ne sais pas s'il existe un archétype de l'entrepreneur en terme de créativité. Cela mériterait un sujet de mémoire à l'université!

C-N : J’aimerais faire le tour des livres qui t’inspirent dans tes pratiques. Et pour conclure si tu devais recommander une méthode et un seul livre à un public d’animateur ?
 
Delphine Batton : J'ai trois livres de chevet dans ce domaine. Celui d'Olwen Wolfe, J'innove comme on respire, car il est global, simple, pratique, et donne des clés sur la méthode que j'utilise principalement, le Creative Problem Solving. Celui de Guy Aznar, Idées : 100 techniques de créativité pour les produire et les gérer, pour les techniques de Guy et le panorama du début du livre sur les différentes méthodes et écoles. Celui de Todd Lubart, Psychologie de la créativité, car il éclaire sur des notions fondamentales qui pour un animateur professionnel sont... fondamentales :)
Je recommanderai de comment par celui d'Olwen Wolfe, car notamment à la fin du livre, elle donne un guide à utiliser pour soi ou à deux, et qui permet donc de pratiquer et d'expérimenter.