La plupart des agences d'innovation font face à ce problème lorsqu'elles démarchent un nouveau client : la volonté d'innover en interne, de ne pas externaliser sa R&D. Au delà des questions de propriété industrielle et de confidentialité que cela suppose, il y a ce désir inavoué d'être à l'origine de l'invention, de l'idée géniale.
Même si la tendance actuelle est à l'open innovation et au crowd sourcing, je pense que l'ego et la motivation personnelle restent un très fort moteur d'innovation. Tout le monde a envie d'être celui qui soulèvera LE bon problème et trouvera LA réponse.
Le rôle d'un consultant en innovation n'est pas de remplacer son client. Mais il ne se limite pas non plus à la simple mise en place d'une méthode de créativité.
A mon sens, son rôle est à mi-chemin. Suffisamment impliqué pour traiter les informations relatives au projet, et organiser un processus d'innovation adapté. Suffisamment « out », pour ne pas être là où l'expertise du client est largement supérieure.
L'art du conseil est peut être de résoudre ce paradoxe...
Surprendre, produire de l'inédit, inventer et créer, voilà toute un série de termes que les entreprises et les artistes ont en commun. Les objectifs sont différents, certes, les entreprises souhaitent faire évoluer leurs organisations, leurs communications ou leurs produits et l'artiste cherche à produire un nouveau regard, à provoquer des prises de conscience ou simplement du divertissement. La question est de savoir quelles pratiques sont transposables de l'artiste à l'entreprise. La capacité d'immersion d'un metteur en scène dans un univers dans le but d'être touché par l'inspiration, les techniques qu'il met en œuvre pour mettre en valeur le talent de ses acteurs sont surement des éléments qui peuvent transformer nos techniques de management de la créativité. C'est pour cette raison que le programme ABC Network à été créé et c'est avec plaisir que je partage avec vous l'article de Laura Torkaz Chef de projet du Culture Lab tout en souhaitant a ce programme un grand succès.
Fabrice Poussiere
TroisTemps veut mettre la créativité au cœur des entreprises avec le programme européen ABC Network
Dans un contexte de resserrement des marchés, les entreprises se retrouvent face au défi de trouver de nouvelles solutions et de réinventer leurs activités. A ce titre, de nombreuses entreprises mettent au cœur de leurs stratégies, la créativité. Cependant, les outils et les méthodes pour stimuler cette créativité manquent encore pour permettre aux organisations de se mettre en marche.
Le programme ABC Network vise à mettre en place une méthodologie originale qui permette dans un premier temps aux cadres dirigeants ou managers en entreprise de s’inspirer des processus de créativité artistique pour stimuler leur créativité et celle de l’organisation, et dans un second temps de mesurer les impacts de cette créativité sur la vie de l’entreprise. Construit comme un ensemble de modules autonomes et évolutifs, la méthodologie ABC Network s’organise autour de grands champs de réflexion de l’entreprise : la culture d’entreprise, la marque, les métiers-produits-services, les équipes, l’organisation-management, l’entreprise et son environnement.
Aidan Harte, Directeur de management du groupe Optimum Results Ltd : « Nous ne savions pas à quoi nous attendre durant cette journée, mais, au final, les réactions des participants de l’entreprise ont été très positives et nous œuvrons actuellement sur un certain nombre d'actions dont nous avons parlé à l'atelier qui, montrent de réelles avantages supplémentaires. Merci ! »
La plateforme ABC Network, développée par TroisTemps Web, a été lancée pour l’occasion : www.abcnetworkprogram.com. Elle propose un ensemble de cas pratiques types accompagné d’une proposition d’atelier opérationnel. La plateforme ABC Network a pour objectif d’amener l’art au service de la créativité en entreprise par le biais d’un véritable espace communautaire. Le but est de faciliter la mise en relation et les échanges entre entreprises et artistes autour de problématiques communes.
Le projet ABC Network s’inscrit dans le cadre d’un programme initié par la Commission européenne « le programme Leonardo Da Vinci » qui vise à créer des méthodologies de transmission de savoir à l’échelle européenne. La commission européenne subventionne donc le projet ABC Network pour une durée de deux ans, favorisant ainsi la transmission d’innovation pédagogique entre la France, l’Irlande, le Danemark et le Portugal, avec le concours du LEST (CNRS).
Trois Temps travaille sur ce projet en partenariat avec différentes entités. L’agence ImFusio "mobilisatrice d’énergies collaboratives", met son expertise au service de ses clients pour faire concrètement "décoller" leurs projets vers le succès. LEST, Le Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail (LEST) est une entité de Recherche du CNRS. Créé en 1969 par le CNRS en vue de renforcer la recherche fondamentale française intéressant le travail et son évolution. La fondation de Bono, basée en Irlande, fonctionne sur l’Enseignement de la pensée constructive et créative dans l’éducation et la gestion. Arts in business est une agence fondée au Danemark par Lene Bornemann qui se concentre sur la rencontre du monde des entreprises avec le milieu artistique. Enfin, Transforma, un think tank basé au Portugal, est un Laboratoire pour les Pratiques Artistiques Contemporaines. Nous travaillons ensemble pour réaliser à bien le programme ABC Network.
Voici la création de trois étudiants de l'ISTIA INNOVATION -L'école d'ingénieur de l'Université d'Angers- qui ont revisité la méthode des 6 chapeauxTM d'Edward de Bono à la façon Serious Gaming. Un plateau, un dé, quelques règles de jeu basée sur les 6 "mind pattern" et sur la logique associative. Je vous laisse donc le loisir de lire les règles de ce jeu créatif et peut-être partager avec l'envie d'y jouer! -Fabrice Poussiere-
Le Creativ'Pursuit
Par Lucrèce GUGELOT, Guillaume PERRUCHET et Dimitri TANKERE.
Durant notre cursus de Master 2 Innovation Technologique à Angers, nous avons monté un projet de cellule de créativité permettant à une entreprise de faire appel a un cabinet d’experts de tous horizons afin d’externaliser sa cellule de Recherche et Développement. Son objectif : permettre de trouver des solutions, débloquer une situation et développer son potentiel créatif.
Nous avons donc réalisé une première séance de créativité avec l’aide d’un petit groupe qui s’est prêté au jeu en nous proposant une problématique d’entreprise sur laquelle ils planchaient. Voici la description du fonctionnement de notre séance telle que nous l’avons organisé et mis en place.
Nous avons premièrement défini les points essentiels au bon déroulement d’une séance de créativité puis nous nous sommes penchés sur les méthodologies que nous pourrions utiliser. Et nous avons sélectionné 3 méthodes : Méthode des 6 chapeauxTM, l’association de mots et d’idées et la
recherche de mots clés. Nous avons ensuite réalisé un jeu sur le modèle du
Trivial PursuitTM,
mais sans les questions, se basant sur la méthode des 6 chapeauxTM de De Bono et
proposant les 6 cases couleur. Cases auxquelles nous avons ajouté les cases
“association d’idées” - permettant d’aller piocher des mots ou des images dans
les livres et les magazines - et les cases “libre choix”.
Déroulement de la séance
Nous avions défini les rôles de la manière suivante : Notre groupe “animateur” composé de nous trois étaient divisés en : 1 “infiltré” et 2 animateurs de séance. Le reste des présents constituait le groupe des participants. (note: les participants peuvent venir de milieu professionnel ou de services totalement différents).
La première étape fût de présenter la problématique et de la définir afin de s’assurer qu’elle était comprise par tout le monde.
Nous avons ensuite présenté le déroulement de la séance, le temps imparti et les différentes informations nécessaires à son bon déroulement. Une fois les règles du jeu posées, nous avons procédé a une brève pause détente qui a permis de mettre tout le monde à l’aise et d’instaurer une ambiance propre au jeu et à la détente afin de sortir complètement du cadre formel habituel.
En seconde étape nous avons réalisé une première purge visant à noter toutes les solutions déjà connues et à les mettre de côté. Puis nous avons entamé la séance par un exercice de « mise en jambe » : énumérer tous les mots ou expressions que pouvaient évoquer le problème soulevé. L’objectif : réaliser un tableau avec plusieurs cases thématiques et rassembler chaque mot clés sous la ou les thèmes appropriés (définis au fur et à mesure). Cette première approche permettait de dégager les différents environnements liés à la problématique. Puis nous avons mis le tableau de côté, accessible à tous.
Cette partie a duré environ 1h. Nous avons fait de nouveau une petite pause détente de quelques minutes avant de lancer le nouvel exercice.
Notre plateau de jeu représentait l’exercice suivant. Le but : lancer le dé et suivre les instructions liées à la case d’atterrissage.
Les différentes cases étaient définies comme ceci :
Case bleue: la case départ. Elle concerne uniquement l’animateur et lui permet de gérer la séance.
Case blanche : son but : donner des chiffres et des faits avérés sur le problème posé. Toutes les personnes doivent en proposer chacune leur tour. Dès que plus personne n’a de choses à proposer on arrête. On ne peut tomber sur cette case qu’une seule fois au cours de la partie.
Case noire: elle permet de critiquer, d’évoquer les risques et les dangers des solutions ou de la problématique. Toutes les personnes doivent en proposer chacune leur tour (il est cependant possible de passer son tour si on a aucune critique à formuler). Dès que plus personne n’a de choses à proposer on arrête.
Case rouge: elle permet d’exprimer ses émotions et ses sentiments vis à vis de tout (solutions proposées, ambiance de la séance, etc.), sans avoir besoin de se justifier. Les contraintes sont les mêmes que la case noire.
Case jaune: elle représente l’inverse de la case noire. Elle demande d’être optimiste, de donner tous les avantages et les possibilités des solutions proposées. Les contraintes sont les mêmes que la case noire.
Case verte: elle permet de proposer des idées et des solutions innovantes en rapport avec la problématique. Les contraintes sont les mêmes que la case noire.
Cases « i » : elle offre la possibilité d’aller piocher un mot ou une image dans les magazines et livres mis à disposition, il est aussi possible de consulter des reportages ou tout autres documents via un ordinateur (vidéo, article de presse...). La personne concernée doit alors associer le mot, l’image ou l'article qu’il a choisi à une idée en rapport avec la problématique. Tout le monde peut ensuite participer et ajouter des idées.
Cases « ? » : ce sont les cases libres. La personne peut soit donner une idée ou utiliser l’une des options proposées par les autres cases.
Le jeu s’arrête lorsque les idées et les participants sont épuisées. Le jeu dure en moyenne 2h. La séance se termine et permet de produire différents livrables :
Un débriefing des participants et des animateurs sur le déroulement de la séance.
Le développement d’un carnet répertoriant les fiches idées.
Les documents relatifs créés durant la séance.
Puis, lorsque une ou plusieurs solutions sont sélectionnées, l’entreprise peut alors se pencher avec nous sur le tri et l'évaluation des “bonnes idées”, la réalisation de l'idée choisie grâce a une maquette permettant de concrétiser la solution retenue. La réalisation d’un prototype permet ensuite de valider techniquement l’idée avant son lancement.
Voici quelques photos prises durant une de nos séances de créativité :